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Nouvelle communication - L'analyse transactionnelle
Écrit par Michel Tougne   
09-10-2006
Fruit d'une illumination subite? Ou bien copie approché du système freudien ? En tous les cas, une définition du psychisme humain propre à exclure toutes références morales.

L’AT est-elle scientifique ?

Eric Berne rapporte que la base de son système lui a été fournie par l'observation d'un patient: l'avocat Segundo. Observation qui provoqua chez Berne "l'insight", la révélation, l'illumination subite . Or, quelle est cette inspiration ? Ne ressemble-t-elle pas trop aux trois étages du freudisme pour accréditer la thèse de "l'insight" qui supposerait plus de nouveauté et d'originalité ?

Il est sans importance, pour une critique épistémologique, de savoir s'il y a eu ou non illumination subite. Il nous suffit qu'Eric Berne l'affirme : c'est délibérément que l'A.T. postule son caractère idéel. L'insight dispense de l'expérience concrète et des vérifications laborieuses et méthodiques.

Selon l'affirmation de Berne, Segundo était un avocat qui se sentait souvent comme un petit enfant. Il lui arrivait de voler des chewing-gums et d'autres choses du même genre. Il s'en inquiétait. Par ailleurs, cet avocat – qui gagnait bien sa vie et ne manquait de rien – rêvait de faire preuve de générosité et d'aider les autres. Selon Monsieur Segundo, il imitait en cela le sentimentalisme de son père. Berne a vu :

  • dans le voleur de chewing-gum, l'Enfant.
  • dans l'homme habile à gagner de l'argent, l'Adulte.
  • dans l'aspiration philanthropique, le Parent.
  •  

Reste que la structure, soi-disant inspirée d'un cas clinique, reste comparable au schéma freudien.

La thèse de "l'insight" est définitivement mise à mal lorsqu'on sait que certains spécialistes ont affirmé que le célèbre cas Segundo était une invention pure et simple, l'avocat Segundo n'ayant jamais existé

 

Berne tentera de légitimer ses "Egostates" (Etats du moi) en se référant aux travaux de Federn et de Penfield sur le cerveau humain, mais de ce côté là non plus aucune confirmation n’a été possible. Aucune méthode expérimentale rigoureuse ne vient à l'appui de ses affirmations . Le premier problème épistémologique que pose l'A.T. réside tout entier dans cette carence : quels faits, quelles statistiques, quelles méthodes viennent démontrer que les trois états du moi décrivent - ne serait-ce que de manière approchée - la structure du psychisme humain ? Aucun fait, aucune méthode. Rien. De plus, aucun contrôle médical n’a été possible. Aucune thérapie appartenant en propre à l’AT n’a jamais reçu un aval médical quelconque.

Plus clairement dit : le PAE n’est qu’une métaphore de plus figurant le psychisme humain. Lui accorder un autre statut ne se fonde sur rien,  surtout pas sur la science.

LE P.A.E.

L’analyse transactionnelle présente la personne humaine en trois états du Moi ou égostates.

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Le Parent résulte de ce que nous ont inculqué l’éducation et les autorités qui s’exercent, qu’elles soient individuelles, familiales ou sociales. L’Enfant correspond aux sentiments, aux pulsions, au ressenti. L’Adulte est rationnel. C’est l’instance de conciliation entre le Parent et l’Enfant. Il calcule, prévoit et arrange ce qui est possible. Il arbitre entre le Parent et l’Enfant.

Fondements du PAE

Eric Berne rapporte que la base du système lui a été fournie par l'observation d'un patient: l'avocat Segundo. Observation qui provoqua chez Berne "l'insight", la révélation, l'illumination subite . Or, quelle est cette inspiration ? Ne ressemble-t-elle pas trop aux trois étages du freudisme pour accréditer la thèse de "l'insight" qui supposerait plus de nouveauté et d'originalité ?

Il est sans importance, pour une critique épistémologique, de savoir s'il y a eu ou non illumination subite. Il nous suffit qu'Eric Berne l'affirme : c'est délibérément que l'A.T. postule son caractère idéel. L'insight dispense de l'expérience concrète et des vérifications laborieuses et méthodiques.

Selon l'affirmation de Berne, Segundo était un avocat qui se sentait souvent comme un petit enfant. Il lui arrivait de voler des chewing-gums et d'autres choses du même genre. Il s'en inquiétait. Par ailleurs, cet avocat – qui gagnait bien sa vie et ne manquait de rien – rêvait de faire preuve de générosité et d'aider les autres. Selon Monsieur Segundo, il imitait en cela le sentimentalisme de son père. Berne a vu :

  • dans le voleur de chewing-gum, l'Enfant.
  • dans l'homme habile à gagner de l'argent, l'Adulte.
  • dans l'aspiration philanthropique, le Parent.

 Reste que la structure, soi-disant inspirée d'un cas clinique, reste comparable au schéma freudien.

La thèse de "l'insight" est définitivement mise à mal lorsqu'on sait que certains spécialistes ont affirmé que le célèbre cas Segundo était une invention pure et simple, l'avocat Segundo n'ayant jamais existé.

Berne tente de légitimer ses "Egostates" (Etats du moi) en se référant aux travaux de Federn et de Penfield sur le cerveau humain, mais de ce côté là, aucune méthode expérimentale rigoureuse ne vient à l'appui de ses affirmations . Le premier problème épistémologique que pose l'A.T. réside tout entier dans cette carence : quels faits, quelles statistiques, quelles méthodes viennent démontrer que les trois états du moi décrivent - ne serait-ce que de manière approchée - la structure du psychisme humain ? Aucun fait, aucune méthode. Rien. Plus clairement dit : le PAE n’est qu’une métaphore. Lui accorder un autre statut ne se fonde sur rien.

Il est indéniable que l’influence de la psychanalyse s’est fortement exercée sur l’AT. Il y a un parallèle à établir entre le surmoi, le moi, le ça freudiens et le PAE. L’abrégé de psychanalyse, dernier ouvrage de Freud, stipule : " Est considéré comme correct, tout comportement du moi qui satisfait à la fois les exigences du ça, du surmoi et de la réalité, ce qui se produit quand le moi réussit à concilier ces diverses exigences ". Pour autant, l’A.T se défend d’être une psychanalyse. Son activité dominante n’est pas tournée vers l’analyse du passé des individus. L’AT veut être orientée vers l’action et préconise des recettes.

 

Evacuation de la morale

Pour saisir l’âme de l’A.T, il est nécessaire de revenir un instant sur le moi Parent.

Le moi-Parent est la mémoire de l’individu qui " enregistre comme sur une bande de magnétophone son vécu depuis sa naissance et peut-être même avant (…). Les recommandations, prescriptions, conseils, ordres, injonctions, habitudes (…) inculqués par les parents depuis la naissance jusqu’à l’adolescence, puis relayés par les maîtres, amis et toute personne ayant une influence sur nous, vont constituer peu à peu le stock de données de notre moi Parent. Lorsque nous réitérons telle conduite tenue pour bonne par eux, nous dirons que c’est notre état du moi-Parent qui est aux commandes, que nous sommes " branchés " sur notre moi-Parent. "

En situant les comportements moraux dans le Moi-Parent, siège de l’appris, l’AT affirme que la morale est indépendante de la raison, qui, elle, se situe dans l’Adulte. Pour cette théorie, les années d’apprentissage de l’enfance ne constituent pas un éveil du discernement et du jugement (de la conscience) mais un conditionnement dans lequel l’intelligence n’intervient pas. Cette première erreur incite à classer la morale privée ou publique parmi les éléments qui " structurent " (c’est à dire programment ou conditionnent) l’individu, alors qu’il faudrait la définir comme science pratique du bien agir.

Or, la morale consiste à agir en se conformant au bien et en évitant le mal. C’est l’intelligence qui, dans chaque situation, discerne et présente à la volonté ce qui est bien. Couper la morale de l’intelligence, c’est vouloir rendre l’homme moralement agnostique.

Qui plus est, l’A.T. produit, à partir de ce premier schéma, un autre modèle qui révèle une forte aversion vis à vis de la morale. Examinons rapidement, la genèse de ce modèle.

De l’hydraulique à l’âme humaine.

La fascination enfantine pour les sciences et pour les techniques ont incité l’AT à imiter ses disciplines. L’A.T. imagine que la personnalité contient une énergie psychique qui agirait grosso modo comme une vapeur ou un liquide sous pression à l’intérieur de la personnalité.

" Un être humain, écrit Dominique Chalvin, peut être considéré comme une machine à produire et à utiliser de l’énergie pour bien vivre avec lui-même et avec les autres. L’ensemble du fonctionnement personnel peut être expliqué par une bonne ou une mauvaise utilisation du potentiel énergétique " Cette idée de base en A.T. est reprise par John Dusay. Un état du moi peut être suractivé, " gonflé " tandis qu’un autre se " dégonfle " à proportion. Le présupposé étant que le niveau d’énergie à l’intérieur du PAE reste contant. Selon Chandezon et Lancestre on peut écrire :

P + A + E = k (k valeur constante)

Par exemple, un moi-Parent suractivé, peut envahir le moi-Adulte débilité. Ou encore le moi–Enfant viendra empiéter sur le moi-Adulte. Quelles en sont les conséquences ?

De ce modèle hydraulique ou énergétique il résulte que, pour l’AT, la morale est une entrave à l’exercice libre de l’intelligence. Le moi-Adulte est " parasité " par la morale ! Or, la morale consiste à agir en se conformant au bien et en évitant le mal. C’est l’intelligence qui, dans chaque situation, discerne et présente à la volonté ce qui est bien. Couper la morale de l’intelligence, c’est rendre l’homme moralement agnostique.

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De tels schémas tendent à ruiner l’autorité parentale, à rendre impossible la transmission de la morale, à faire prendre la foi en Dieu pour une contamination parentale entraînant, l’illusion (infantile) du surnaturel. L’inquiétude surgit lorsque de tels modèles sont utilisés par des " thérapeutes ". Quelle confiance accorder à un thérapeute amoral ? Quels principes guideront ses interventions ?

Rien n’est simple et tout se complique

L’A.T. se veut descriptive des comportements et ne remonte pas au niveau des causes. Elle pense que la question scientifique : comment ça marche ? est préférable aux questions philosophiques : Qu’est-ce que c’est ? Quelles sont les causes de ce phénomène ? Qu’est-ce qui peut expliquer l’apparence ?

Or, si l’on veut décrire et classer les comportements humains, qui sont en nombre infini, les systèmes descriptifs quels qu’ils soient, s’avèrent toujours insuffisants.

Il était donc prévisible que le PAE ne suffirait pas à rendre compte de tous les comportements. Aussi, l’AT a-t-elle divisé chaque égostate en deux, trois ou quatre parties. Dans le moi-Parent, on distinguera ainsi le Parent Nourricier ( PN. : relation d’aide) et le Parent Critique (PC. : grincheux et autoritaire). Dans l'enfant, on distingue l'enfant dans l'enfant, ecore appelé enfant fou ou démon. Ces notions se sont vite avérées particulièrement perverses et dangereuses. Elles sont  importantes pour la compréhension de la suite. Pour le détail, nous renvoyons à notre livre. Mais ce découpage en sous-catégories s’avère encore très insuffisant. Le schéma ci après en est l’illustration. Le PAE étant insuffisant, on imagine un PAE dans chaque égostate du PAE.

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Lorsque la réalité des comportements infirme les schémas, les analystes ne se tiennent pas pour battus. Ils compliquent. C’est ainsi que Vincent Lehnhart ira jusqu’à imaginer une structure de troisième ordre : l’enfant dans l’enfant de l’enfant. L’A.T. n’hésite pas à élaborer des schémas censés correspondre à des structures psychiques dont l’existence n’est nullement prouvée, et qui n’existent probablement pas. Aussi les praticiens de l’AT sont-ils les seuls à pouvoir les identifier …

Si  l’A.T se limitait à ces invraisemblables complications, cela ne serait préjudiciable qu’à ceux qui décident de lui emboîter le pas. Mais cela va plus loin et les conséquences sont plus graves.

Michel Tougne

 

 

 

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Dernière mise à jour : ( 09-11-2006 )
 
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