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Lorsqu'on est en contact avec des malades , et plus généralent avec la souffrance humaine, il est nécessaire de savoir garder un équilibre personnel, ne serait-ce que pour être à même de porter secours. Pour l'AT, la théorie des "jeux" permettra aux thérapeutes de relativiser, de prendre recul. Mais après cette relativisation, quelle relation en résulte-t-il ?
L’analyse transactionnelle appelle " jeux " des relations ratées, défectueuses, non sincères. Eric Berne en donne la définition suivante : " Un jeu, c’est le déroulement d’une série de transactions cachées complémentaires, progressant vers un résultat bien défini, prévisible ". " Il s’agit d’un système récurrent de transactions souvent répétitives, superficiellement plausibles, à motivation cachée, en langage familier, une série de ‘coups’ présentant un piège ou un ‘truc’. " Nous accordons que de tels comportements sont plausibles. Pour certains, il s'agit de savoir prendre recul. Pour d'autres, le problème de la souffrance et de la maladie reste un mystère qu'il faut rapporter à la croix du Christ. La théorie des jeux prétend rendre compte des les comportements déffectueux. Toutefois, surgit une question : comment distinguer entre un comportement retors et un comportment normal, même s'il est est pour moi gênant ? L'A.T. se protège souvent des critiques en décrétant que les objections qu’on lui adresse font partie d’un jeu. Ainsi, lorsqu’une personne dit être choquée, le jeu pourra s’appeler ‘c’est scandaleux !’ ; suggérant ainsi que la personne n’est pas tellement scandalisée mais plutôt contente de faire un scandale. Si elle dit qu’elle s’est mal trouvée d’une thérapie et qu’elle a perdu le sommeil, le jeu s’intitulera peut-être ‘mon Dieu, je suis épuisée !’, suggérant ainsi que la patiente espère surtout se faire plaindre et cherche à partager son mal-être en provoquant l’inquiétude et la culpabilisation du thérapeute. Nous comprenons qu'il ne faut pas prendre pour argent comptant toutes les plaintes des malades. Mais la règle semble être de toujours rechercher l'exactitude des faits. La théorie des jeux constitue un "prêt à penser" qui dispense de regarder le réel. L'AT méprise le réel. Attitude "hérapeutique" dangereuse s'il en est. Ce système de protection joue pour les tenants de l'AT dans la défense de leurs théories. Pour eux, les critiques ne peuvent venir que de gens mal intentionnés qui font parleer leur Parent-critique ou leur Enfant-rebelle. Interpéter les réactions critiques à l'endroit de l'analyse transactionnelle comme des " jeux " permet de couper court à la discussion, de s’ancrer plus profondément dans ses certitudes, de se rendre sourd aux retours d’expérience. Le triangle dramatique de Karpman Il est une forme de jeu identifiée par Karpman intitulé le triangle dramatique. Ce jeu est constitué de trois " rôles " que le sujet prend successivement : le rôle du persécuteur, puis du sauveur et enfin le rôle de la victime.
- Le Persécuteur veut déconsidérer les autres ou les culpabiliser en rappelant les règles, en demandant la perfection. Il met à jour les défauts, les faiblesses ou les torts d’une personne. Il rappelle souvent les principes et les règles.
- Le Sauveur veut aider les autres, (même contre leur gré). Il prend tout en charge.
- La Victime exagère ses faiblesses et s’estime victime de la méchanceté et de l’injustice.
A tout le moins, le vocabulaire de l’AT est gravement gênant, car la composition – Sauveur Victime et Persécuteur (dans le sens où l’entend l’A.T), renvoie à l’esprit de sacrifice authentique, voire au Christ Sauveur et Victime, qui prêchait la perfection " Soyez parfais comme votre Père céleste est parfait " (MT V, 48) et la pénitence " Si vous ne faites pénitence, vous périrez tous " (Luc XIII, 3). Pour l’A.T cet enseignement sera censé manifester le Parent Critique Persécuteur. Le Christ disait " Venez à moi, vous qui peinez sous le fardeau, et je vous soulagerai " (Mt XI, 28) " celui qui boira l’eau que je lui donnerai n’aura plus jamais soif. " (Jo. IV, 14). L’AT dirait que le Christ fait parler ici son Parent Nourricier sauveur (mais étouffant). De Persécuteur, on passe au Sauveur et on finit en Victime. Tel est le déroulement dramatique du " jeu ". Objections 1.)Sur quels fondements reposent ces analyses ? Quelles raisons devraient entraîner notre assentiment ? Comment en est-on arrivé à sélectionner, parmi des milliers de comportements possibles, celui du persécuteur, du sauveur et de la victime ? Les auteurs ne le disent pas. Par contre, nous comprenons qu’il est impossible d’adhérer à de telles théories sans perdre la Foi. Les grandes références des héros et des saints que l’histoire de l’humanité nous à léguées ne compte plus pour rien. Que penser d’un Albert Schweitzer, d’un saint Vincent de Paul et de tant d’autres ? Karpmann, médecin psychiatre, devrait savoir qu’il arrive aux médecins de sauver les vies. Ils n’en sont nullement transformés en victimes. Qu’il se rassure ! 2.) La spiritualité chrétienne recherche la ressemblance au Christ. Elle n’interprète pas la souffrance et l’échec social comme un scandale, car la grâce du baptême oriente le chrétien vers la croix. Ce qui importe, c’est la conformité au Christ, à la volonté de Dieu. Par la grâce de Dieu, l’esprit de sacrifice n’est pas une maladie. Il prouve une relation vraie à ses proches ou à ses amis, atteste une authentique relation au bien commun, manifeste la force d’âme. Il semble que l’AT soit dans l’incapacité de concevoir que la vie spirituelle puisse exister. Si les tenants de l’AT arrivaient un jour au pouvoir, on se demande comment ils se comporteraient vis à vis de la spiritualité chrétienne. Le chrétien ne cherche-t-il pas à ressembler au Christ ? Le Christ n’est-il pas (aux yeux de l’AT) le persécuteur lorsqu’il exhorte à la perfection ? N’est-il pas sauveur, lorsqu’il invite à le suivre ? N’est-il pas victime sur la Croix ? Conséquence inquiétante : les millions de chrétiens de par le monde sont sous influence du triangle dramatique ! Que faire ? Pour les guérir, tous les analystes de l’AT n’y suffiront jamais. Nombre de commentaires (0) - Ajoutez vos commentaires à cet article... |