Itinéraire intellectuel de l’ATQu’il s’agisse du PAE ou des " jeux ", en passant par les positions de vie et les scénarios, les outils de l’AT peuvent sembler disparates et ne pas faire partie de la même théorie. Mais il n’en est rien. Pour comprendre l’unité doctrinale à laquelle ils participent, il faut tracer l’itinéraire intellectuel de cette école. Nous tentons un résumé en six points. Le PAE, évacue la morale par la fonction du Moi Parent, censé être séparé de l’Adulte, c’est à dire de la raison. De plus, les ‘contaminations’ de l’Adulte par le Parent ou par l’Enfant montrent combien l’idée de morale répugne à l’AT, qui pense avoir trouvé mieux dans un Adulte "logique" et rationnel. L’absence de morale, c’est à dire l’absence de bien objectif, se renforce par un réflexe d’autodéfense qui, par avance, transforme toute objection contre à la théorie en " jeu psychologique ". L’AT s’exonère ainsi de la confrontation, de l’écoute des critiques, d’une interprétation objective des manifestations de souffrance et des plaintes des patients. Le PAE de chaque personne débouche sur des façons différentes de voir l’existence. L’AT essaie d’en dresser une typologie par des positions de vie. Cet essai révèle surtout les positions conformistes de l’AT. Sa "norme " paraît clairement coïncider avec un conformisme totalitaire où tout le monde est obligatoirement content. Il s’agit d’être d’accord avec soi-même, avec les autres, avec le monde. L’outrance de l’AT classe tous ceux qui ne pensent pas ainsi dans la catégorie des malades. La norme à atteindre, c’est la joie, l’épanouissement, le développent de soi. Ce bonheur obligatoire méconnaît ce qui s’apparente de près ou de loin avec la vie spirituelle qui prend racine dans le détachement des apparences mirobolantes du monde tapageur, qui se nourrit de la recherche du bien, et qui débouche parfois sur la critique du monde présent. Alors que la norme est le bonheur, d’où vient que tant d’individus ne soient ni heureux ni capables de le devenir ? L’explication du mal est donnée par les injonctions et les prescriptions de nos pères et mères qui "jettent un sort aux enfants", lesquels, de princes qu’ils étaient, se transforment en crapauds. Comment réparer le mal ? En faisant régresser les patients jusqu’au stade de nourrissons, afin de refaire ou de réparer ce qui a été si mal fait par les parents. Le sujet humain apparaît tantôt comme un magnétophone dont on peut ré-enrouler la bobine, tantôt comme un mécano psychique dont on peut rafistoler ou changer les pièces. Tel est l’objet des traitements thérapeutiques, lors desquels les sujets sont invités à refaire les choix existentiels primordiaux (Redecision Therapy) ou, pour des interventions plus lourdes, à " renaître ". L’AT qui se prend pour Dieu, veut refaire l’homme et propose une thérapie pour contrer les effets négatifs qu’exercent les pères et mères de famille. Il arrive parfois que les malades résistent. Lorsqu'il s'agit d'enfants pour lesquels des adultes ont payé, la thérapie consiste parfois à faire céder les petits pateints, à n'importe quel prix.
Hugo Clementi
Analyses et témoignagesNous donnons ici la traduction proposée par le Dr Nicot d'un extrait de l'article de Patricia Crossman, elle même ancienne adepte de l'AT. Elle les a quitté dès qu'elle s'est rendu compte de ce que devenait la théorie et dénonce courageusement les crimes que les tenants de l'AT font semblant d'ignorer. Pour plus de précision : . http://prevensectes.com/at1.htm Le meurtre de John Hartwell John Hartwell était un adolescent de 16 ans souffrant d’une schizophrénie paranoïde. Il est mort en 1972 à Alamo, en Californie, alors qu’il suivait un traitement nouveau dans un programme innovant visant à former une communauté thérapeutique. On essayait en fait (à partir des patients) de constituer d’une famille. Cette famille fut créée et dominée par une étudiante d’Eric Berne : Jacqui Schiff, professionnelle du travail social psychiatrique. Elle se croyait thaumaturge, pouvant guérir les schizophrènes grâce à l’analyse transactionnelle en les faisant régresser au stade d’enfant, puis en les " reparentant ". En 1970, elle publia un livre, Ils sont devenus mes enfants, dans lequel elle décrivait son travail, sa théorie, ses méthodes thérapeutiques. Les parents de John, inquiets pour leur fils, l’avaient placé dans ce programme parce qu’ils y voyaient une alternative à l’hospitalisation ou à la prise de médicaments. Mais John ne s’améliora pas. Au contraire, sa condition se détériora. Il avait des hallucinations et ne pouvait suivre les instructions qu’on lui donnait. Il ne pouvait ou ne voulait pas régresser au stade Enfant (cathect Child) et prendre le biberon. Schiff croyait qu’il le fallait : elle pensait que ce traitement était bon pour les schizophrènes. Bien qu’au dire de sa mère, John n’ait jamais été violent à la maison, il fut attaché à son lit avec des menottes. Le 23 octobre, Carl, un autre patient, enleva les menottes. Une bagarre s’en suivit. John essaya de se défendre. Il fut emmené à la salle de bains par Aaron Schiff, un patient reparenté que Jacqui Schiff avait adopté et qui depuis était devenu la figure emblématique du reparentage schiffien. Dans la salle de bain, John fut déshabillé, ligoté, pieds et poings liés, puis plongé durant vingt minutes dans une baignoire remplie d’eau bouillante. Aaron revenait dans la salle de bain avec un pichet et versait encore de l’eau bouillante sur les parties émergées du corps. Lorsqu’une employée, dénommée Carol, vit que John avait les pieds et les mains qui pelaient, on le retira de la baignoire. Sur ordre de Jacqui Schiff, une jeune patiente nettoya le sang et la peau de la baignoire. Lorsque la police arriva, la baignoire était propre. Jacqui prétendit qu’elle avait eu un problème technique avec le chauffe bain. Trois jours plus tard, John décédait à l’hôpital : à plus de 70%, son corps avait été brûlé au 2ème et au 3ème degré. Devant la chambre des mises en accusation, Aaron, fils adoptif de Jacqui Schiff qui était devenu thérapeute dans l’établissement qu’elle dirigeait, plaida coupable, pour pouvoir bénéficier d’une peine réduite, d’abord pour homicide involontaire puis pour simple délit d’abus sur enfant. Schiff perdit sa licence lui permettant d’exercer. Son établissement, le Cathexis, dut fermer. Solidarité des tenants de l'AT. Après cela, Jacqui Schiff se fit oublier. Elle reparenta des patients dans des établissements travaillant sans licence, et installa le Cathexis Institute à Oakland, en Californie. Elle n’avait aucun souci à se faire. Elle était toujours un cadre formateur très en vue de l’ITAA, (Association internationale d’analyse transactionnelle) et Aaron était toujours répertorié comme praticien clinique de l’organisation. En 1974, exactement deux ans après la mort de John Hartwell, l’ITAA accorda à Jacqui et Aaron Schiff le plus prestigieux de ses prix : ‘The Eric Berne Scientific Memorial Award (Prix commémoratif scientifique Eric Berne). Après la mort d’Eric Berne en 1970, l’ITAA avait besoin d’un nouveau leadership et d’une nouvelle théorie capable de se démarquer. En 1975 Schiff publiait déjà un second livre : The Cathexis Reader : Transactional Analysis in the treatment of Psychosis (NT : Le lecteur Cathexis : l’analyse transactionnelle dans le traitement de la psychose). Livre qu’elle avait écrit avec Aaron et plusieurs de ses " enfants ". Schiff développa des théories sur la passivité et les méconnaissances pour expliquer comment les gens n’arrivaient pas à résoudre leurs problèmes. Ses théories et ses méthodes furent incorporées dans le corpus dogmatique de l’analyse transactionnelle. Il en est encore ainsi aujourd’hui. Il fut enjoint aux membres de l’ITAA qui désiraient devenir formateurs ou praticiens cliniques de se soumettre à la " thérapie formative " de Jacqui, laquelle comportait une régression et un reparentage. Cela permit aux supporters de Jacqui de suivre loyalement ces instructions en prenant l’habitude de lui adresser leurs patients et de construire leur carrière à partir de ses enseignements. Schiff ne fut pas la seule à exercer une influence sur l’analyse transactionnelle. En 1972, le président de l’ITAA, psychiatre de son état, écrivit pour une revue psychiatrique un article dans lequel il chantait les louanges de Werner Erhart, créateur de l’EST. Plusieurs membres de l’organisation se mouillèrent dans EST et utilisèrent ses méthodes autoritaires de confrontation (Fin de l’extrait de l’article de P. Crossman concernant J. Schiff. ) Comment la pensée est devenue folleComment des thérapeutes, dont la vocation est de soigner et de soulager les souffrances, en viennent-ils à donner la mort ? Comment cette folie de l’esprit est-elle possible ? L’AT abuse de la modélisation. Pour le théoricien, le réel ne peut être connu. On ne peut qu’en représenter les manifestations par des modèles. Aussi le praticien ne se préoccupe-t-il nullement de savoir qui est veritablement la personne qui se tient en face de lui. Peut-être est–il persuadé que cette question reste à jamais sans réponse. L’AT ne lui a jamais promis de lui fournir une connaissance vraie des personnes qui se présentent à lui. Il ne dispose que de modèles. Tout au plus peut-il se faire, à l’aide de ces outils, (malheureusement non homologués !) une représentation artificielle du patient. Au demeurant, pour le thérapeute, le problème n’a jamais été de connaître la personne qui se tient en face de lui, mais de la changer. Il convient donc de la rendre conforme au modèle qu’il a imaginé, modèle qui ne peut être qu’en tous points conforme aux désirs de son client et aux attentes de la société. : " Je ok+ - Tu ok+ ". Marcel De Corte connaissait bien la maladie de l’intelligence qui au lieu de se conformer au réel, veut que le réel se conforme à ses exigences. " Comme il faut en l’occurrence violenter la nature pour arriver à cette fin, il a fallu que l’intelligence s’altère au point de se soumettre complètement aux puissances de l’imagination, seule faculté capable en nous de construire un autre monde qui supplanterait le monde réel et qui, étant l’œuvre de l’homme, serait totalement soumis à l’homme. L’intelligence s’est ainsi anémiée, rabougrie. Elle s’est amputée de ses racines, vidée de sa substance. Elle est devenue l’esclave de celle qui était naguère sa servante. " Le regard que le praticien de l’AT pose sur la personne humaine, est voilé par l’idée des modèles. Il croit travailler encore sur des modèles quand il touche en fait à la personne en chair et en os. Il pose sur la personne un regard de technicien, qui s’apprête à examiner un " mécanisme psychique ". Son geste est celui du technicien qui s’apprête à déposer certaines pièces de la machine, (le Parent critique, l’Enfant dans le Parent ou l’Enfant dans l’Enfant, puisqu’il s’agit de l’Enfant fou ou démon). Il devra remonter d’autres pièces en simulant un " reparentage ". La question de l’existence ou de l’inexistence de ces pièces ne l’effleure même plus. Il ne tient plus compte du réel. Privée de son objet ( i. e. du sujet humain réel, en chair et en os), obsédée par le PAE, sa pensée est devenue folle. De la théorie à la pratique, il y a un lien de cause à effet. Il serait vain de le nier. A preuve : Patricia Crossman note dans son article que pour ces prétendus thérapeutes, la victime est diabolisée. Voici ce qu’elle en dit. " Dès les premières semaines de la vie, le diable est dans l’enfant, que ce soit sous la forme d’imaginations chargées de haine, ainsi que le suggérait Mélanie Klein, ou sous la forme de colères explosives refoulées, telles que les praticiens de l’Attachement Therapy voudraient nous le faire croire, ou encore sous la forme des injonctions négatives de la mère sorcière de l’école d’analyse transactionnelle. En d’autres termes, l’enfant est possédé, doté d’une force surhumaine et dangereux. Mis à part sa haine et sa colère, il n’a rien d’humain. Il (ou elle) n’a ni empathie, ni conscience, Ils ne sont qu’un " ça " enragé ! Tous les enfants atteints de RAD, (Reactive Attachment Disorder) sont donc considérés comme des fous, comme des meurtriers potentiels " On ne peut pas ne pas établir un lien entre cette croyance ridicule et le schéma de l’Enfant dans l’Enfant ou Enfant fou ou Démon. On voit aussi que cette croyance permet au " thérapeute " de se croire tout permis. Evidemment, il ne vient à l’esprit de personne que, s’il s’agissait vraiment du démon, ils n’en viendrait pas à bout. Il conviendrait de faire appel à un exorciste muni des pouvoirs de l’Eglise et s’abstenir d’exercer de telles violences sur des enfants. L’AT est dangereuse, parce qu’elle propage sa foi par tout les moyens. Ainsi, lorsque des parents des parents veulent faire examiner leurs enfants, ils sont " formés " à ces théories afin qu’ils les appliquent eux-mêmes sur leurs enfants. Ce qui pourrait passer pour une aimable démythification de la thérapie s’avère en fait un moyen de propager leurs croyances. C’est ce que montre encore l’article de Patricia Crossman : " Une femme, convaincue d’avoir battu à mort son fils adoptif âgé de deux ans affirma d’abord qu’elle avait agit en légitime défense. La résistance du patient est perçue comme un effort volontaire et vigoureux qui n’améliore jamais rien. En conséquence, une escalade des moyens est requise lors des interventions jusqu’à ce que les victimes craquent, se soumettent ou meurent. Et comme les enfants atteint de RAD, ou les hébéphrènes (ceux dont l’esprit est hébété) de Jacqui Schiff ont été déclarés insensibles à la douleur, une douleur plus forte doit leur être appliquée " Encore une croyance stupide et meurtrière : les enfants sont insensibles à la douleur ! C’est pourquoi John Hartwell est mort, brûlé au troisième degré. Hugo clementi Nombre de commentaires (0) - Ajoutez vos commentaires à cet article... |